Les critères médicaux pour choisir son EHPAD
Choisir un EHPAD pour un proche est une décision importante, souvent liée à des enjeux de santé, d’autonomie et de qualité de vie. Devant la diversité des établissements et des offres, il est normal de se poser des questions très concrètes sur les so...
Les critères médicaux pour choisir son EHPAD
Choisir un EHPAD pour un proche est une décision importante, souvent liée à des enjeux de santé, d’autonomie et de qualité de vie. Devant la diversité des établissements et des offres, il est normal de se poser des questions très concrètes sur les soins EHPAD et, plus largement, sur les critères médicaux EHPAD à vérifier avant de s’engager. Cet article vous propose un guide clair, rassurant et pratique pour comprendre ce que recouvre le suivi médical en EHPAD, identifier les points à examiner lors des visites, anticiper les besoins spécifiques (Alzheimer, Parkinson, diabète, rééducation...), et connaître les aides disponibles. Objectif : vous donner des repères fiables et actionnables pour faire un choix éclairé et serein.
Comprendre le cadre médical en EHPAD
Avant d’entrer dans le détail des critères, un rappel utile du fonctionnement d’un EHPAD sur le plan des soins.
EHPAD : un lieu de vie, de soins et d’accompagnement
- Un EHPAD (Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) accueille des personnes de 60 ans et plus qui ont besoin d’aide au quotidien et de soins réguliers.
- C’est un lieu de vie où l’on veille à la sécurité, au confort, à la prévention et au maintien de l’autonomie, avec un projet personnalisé pour chaque résident.
Le projet de soins et le projet personnalisé
- Chaque résident bénéficie d’une évaluation à l’admission (antécédents, traitements, risques de chute, nutrition, douleur, cognition) et d’un projet de soins formalisé, intégré au projet personnalisé.
- Ce projet est révisé régulièrement (généralement au moins une fois par an, et à chaque changement de situation) avec le résident et, s’il le souhaite, sa famille ou son représentant.
Qui fait quoi dans un EHPAD ?
- Médecin coordonnateur : il organise la politique de soins, la prévention, la qualité et la coordination médicale. Il n’est pas le médecin traitant du résident (sauf exception) mais collabore avec lui.
- Infirmier(e)s diplômé(e)s d’État (IDE) : assurent les soins techniques, la surveillance clinique, la gestion des traitements.
- Aides-soignant(e)s et accompagnant(e)s : accompagnent les gestes du quotidien, observent et transmettent les informations essentielles.
- Psychologue : soutien psychologique, ateliers mémoire, accompagnement des proches.
- Ergothérapeute, psychomotricien, kinésithérapeute, orthophoniste : souvent en intervention régulière, selon les besoins évalués.
- Partenaires extérieurs : médecins traitants, spécialistes (gériatre, psychiatre, cardiologue, dentiste, ophtalmologue), services d’Hospitalisation À Domicile (HAD), réseaux de soins palliatifs.
Selon la taille de l’établissement et son organisation, la présence infirmière est assurée en journée 7j/7, avec des équipes de nuit formées aux urgences, et une astreinte médicale ou infirmière. N’hésitez pas à demander le détail.
EHPAD, USLD, unités spécifiques : quelles différences ?
- EHPAD : pour des besoins de soins continus mais stabilisés.
- USLD (Unités de Soins de Longue Durée) : pour des situations médicales plus complexes et très lourdes, avec surveillance médicale rapprochée.
- Unités Alzheimer ou unités protégées, PASA (Pôles d’Activités et de Soins Adaptés) et UHR (Unités d’Hébergement Renforcées) : pour mieux accompagner les troubles cognitifs et du comportement.
Si le profil médical est très complexe (par exemple, besoins techniques lourds et instables), demandez au médecin traitant s’il faut envisager une USLD plutôt qu’un EHPAD.
Comment est financée la partie soins en EHPAD ?
- Les soins EHPAD sont majoritairement financés par un forfait versé à l’établissement par l’Assurance Maladie. Cela couvre l’organisation des soins internes (infirmiers, matériel courant, prévention).
- Le médecin traitant libéral, les spécialistes, les kinésithérapeutes ou dentistes peuvent intervenir : leurs actes sont remboursés selon les règles habituelles.
- Le résident conserve ses droits et remboursements (ALD, mutuelle) pour les soins médicaux extérieurs ou spécifiques.
Les critères médicaux incontournables à vérifier
Lorsque vous visitez un EHPAD ou analysez un dossier, voici les critères médicaux EHPAD à examiner avec attention. Ils vous aideront à évaluer la qualité et l’adéquation de l’offre de soins avec les besoins de votre proche.
1) Compétences et disponibilité des équipes
- Présence infirmière : horaires, effectifs, organisation la nuit et les week-ends, astreinte infirmière ou médicale.
- Médecin coordonnateur : temps de présence, modalités de coordination avec les médecins traitants, participation aux réunions de projet personnalisé.
- Taux de formation continue : thématiques (douleur, soins palliatifs, Alzheimer, prévention des chutes, nutrition, diabète, Parkinson), fréquence des mises à jour.
- Turn-over et stabilité des équipes : un indicateur indirect de qualité de vie au travail et de continuité des soins.
Questions à poser :
- Comment sont organisées les transmissions soignantes (matin, soir, week-end) ?
- En cas d’urgence la nuit, quelle est la procédure ?
2) Prise en charge des pathologies spécifiques
- Troubles cognitifs : existence d’une unité dédiée (unité protégée), d’un PASA en journée, d’approches non médicamenteuses (Snoezelen, musicothérapie, méthode Montessori adaptée).
- Diabète : capacité à gérer l’insulinothérapie, le suivi glycémique, l’adaptation des menus et des collations.
- Parkinson et maladies neurologiques : accès à la rééducation (kiné, orthophonie), prévention de la dénutrition, sécurisation des déplacements.
- Insuffisance cardiaque, respiratoire : oxygénothérapie, télésurveillance possible, suivi régulier des constantes.
- Stomies, sondes, nutrition entérale : savoir-faire infirmier, partenariats avec l’HAD si nécessaire.
- Plaies chroniques et escarres : protocoles de prévention, matelas et coussins adaptés, suivi cicatrisation.
Signes qui rassurent :
- Protocoles écrits disponibles (douleur, chutes, dénutrition, escarres, infections).
- Traçabilité des évaluations et des soins dans un dossier informatisé.
3) Gestion des médicaments et sécurité
- Circuit du médicament : prescriptions, préparation, double vérification, administration, réévaluation régulière des ordonnances pour éviter la surmédication.
- Collaboration avec une pharmacie de ville ou une PUI (Pharmacie à Usage Intérieur) ; procédures en cas de rupture de stock.
- Vigilance pharmacologique : suivi des effets indésirables, adaptation des dosages chez la personne âgée.
À demander :
- À quelle fréquence les traitements sont-ils réévalués avec le médecin traitant ?
- Existe-t-il un comité de suivi médicamenteux ou des revues de prescription régulières ?
4) Prévention, dépistage et bien-être
- Vaccinations : organisation des campagnes saisonnières (grippe), rappels recommandés.
- Nutrition : pesée régulière, dépistage précoce de la dénutrition, textures modifiées (haché, mixé), enrichissement des repas, collations adaptées.
- Bucco-dentaire : visites de dentistes, hygiène orale quotidienne, repérage des douleurs dentaires (souvent méconnues).
- Vision, audition : bilans proposés ou facilités (opticien, audioprothésiste), aides techniques.
- Activité physique adaptée et stimulation cognitive : ateliers réguliers, marche accompagnée, gym douce, mémoire.
Indices positifs :
- Des menus affichés et variés, tenant compte des régimes.
- Un planning d’activités équilibré entre stimulation et repos.
5) Hygiène, prévention des infections et protocoles d’urgence
- Hygiène des mains, procédures de gestion des épidémies (gastro-entérite, grippe, COVID), information des familles.
- Matériel d’aide à la mobilisation (lève-personnes, rails au plafond, protections de lit) et prévention des chutes.
- Procédures d’urgence : lien avec le SAMU, trousse d’urgence, formation régulière des équipes aux gestes d’urgence.
Ce qu’il faut vérifier :
- Comment l’établissement gère-t-il une épidémie saisonnière ?
- Les proches sont-ils informés rapidement et clairement ?
6) Rééducation et accompagnements thérapeutiques
- Accès au kinésithérapeute selon les besoins (entretien des amplitudes, marche, respiratoire).
- Ergothérapie : adaptation de l’environnement, conseils pour l’autonomie.
- Psychomotricité : repérage des troubles de l’équilibre et coordination.
- Orthophonie : déglutition, langage, troubles cognitifs.
Bon à savoir :
- Ces intervenants peuvent être salariés, vacataires ou libéraux ; l’important est la réactivité et la continuité des séances selon le projet de soins.
7) Approche de la fin de vie et soins palliatifs
- Culture palliative : respect du confort, de la dignité, gestion de la douleur et de l’anxiété, accompagnement des proches.
- Partenariats avec des équipes mobiles de soins palliatifs et l’HAD.
- Possibilité d’installer des temps de présence famille, rituels d’accompagnement, espace de recueillement.
Parlez-en tôt et simplement : cela sécurise tout le monde.
8) Outils et innovations utiles
- Dossier de soins informatisé, transmissions écrites partagées.
- Télémédecine (consultations à distance), dépistages bucco-dentaires ou ophtalmologiques organisés.
- Dispositifs anti-fugue en unités protégées, badges d’accès sécurisés, systèmes d’appel malade.
Conseils pratiques pour évaluer sur place
Rien ne remplace une visite. Préparez-la avec une grille simple et des questions ciblées.
Avant la visite
- Listez les besoins médicaux et quotidiens de votre proche (ex. glycémies quotidiennes, prévention des chutes, troubles de l’orientation, kiné respiratoire).
- Rassemblez les documents utiles : dernières ordonnances, courrier du médecin traitant, comptes rendus d’hospitalisation récents, carte d’ALD s’il y a lieu.
- Contactez le cadre de santé ou l’infirmier(ère) référent(e) pour un échange téléphonique préalable.
Pendant la visite
Observez et questionnez, avec bienveillance :
- Accueil et disponibilité des équipes.
- Propreté, odeurs, ambiance, luminosité des espaces.
- Présentation des protocoles de soins (douleur, chute, dénutrition) et exemples concrets de mise en œuvre.
- Organisation des repas (textures, aide au repas, suivi des apports).
- Présence d’un PASA, d’une unité protégée si nécessaire, de salles de kinésithérapie.
- Dispositifs en chambre : lit médicalisé réglable, matelas adapté, barres d’appui, douche accessible.
- Traçabilité des soins : comment sont notées les glycémies, la douleur, le poids ? Qui alerte le médecin ?
- Permanence des soins : infirmière présente le week-end ? Qui répond la nuit ?
Questions types à poser :
- En cas de chute, que se passe-t-il concrètement dans l’heure qui suit ?
- Comment ajustez-vous un traitement antalgique si la douleur augmente ?
- Combien de temps prend l’admission une fois le dossier complet ?
- Proposez-vous un accueil temporaire pour tester l’adaptation ?
Après la visite
- Comparez deux ou trois établissements avec la même grille de critères.
- Échangez avec votre proche : ses ressentis sont essentiels (même en cas de troubles cognitifs, les impressions comptent).
- Demandez à consulter le livret d’accueil, le règlement de fonctionnement, la charte de la personne accueillie, le contrat de séjour et, si possible, les rapports d’évaluation qualité (HAS).
Aspects administratifs et financiers liés aux soins
La qualité médicale doit aller de pair avec une vision claire des démarches et du budget.
Dossier d’admission et évaluations
- Évaluation de l’autonomie (grille AGGIR) pour déterminer le GIR, utile pour l’APA.
- Dossier médical simplifié : antécédents, allergies, traitements, dispositifs (sonde, stomie), directives anticipées éventuelles, personne de confiance.
- Pièces administratives : identité, sécurité sociale, mutuelle, assurance responsabilité civile, justificatifs de ressources pour les aides.
Le délai d’admission varie selon les places disponibles : de quelques jours à plusieurs semaines en général.
Tarification en EHPAD : trois volets
- Hébergement : chambre, restauration, entretien, animations.
- Dépendance : lié au GIR (aide pour les actes de la vie quotidienne).
- Soins : principalement financés par un forfait Assurance Maladie. Les actes médicaux libéraux restent remboursés selon les règles habituelles.
Le reste à charge dépend de l’établissement, du GIR et des aides mobilisées.
Aides financières mobilisables
- APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) : versée par le département, elle aide à financer la dépendance. Le montant dépend du GIR et des ressources.
- APL ou ALS (aides au logement) : selon la situation et la convention de l’établissement.
- ASH (Aide Sociale à l’Hébergement) : si les ressources sont insuffisantes ; elle peut impliquer une participation familiale selon les règles en vigueur.
- Avantages fiscaux : une réduction d’impôt est généralement possible pour une partie des frais d’hébergement et de dépendance, dans la limite de plafonds en vigueur.
- Mutuelle et ALD : les soins médicaux externes peuvent être pris en charge partiellement ou intégralement selon les contrats et la reconnaissance d’affections de longue durée.
N’hésitez pas à solliciter l’assistante sociale du centre hospitalier, du Conseil départemental ou du CCAS de votre commune pour calibrer au mieux le plan de financement.
Assurance, directives anticipées, personne de confiance
- Personne de confiance : désignation recommandée pour les décisions de santé si la personne ne peut plus s’exprimer.
- Directives anticipées : utiles pour exprimer ses souhaits de fin de vie.
- Protection juridique (curatelle, tutelle) : à envisager si la gestion des affaires n’est plus possible en autonomie, sur avis médical et familial.
Ressources et accompagnements utiles
- Médecin traitant et gériatre : pour affiner l’orientation (EHPAD vs USLD), l’adéquation des soins et la préparation de l’admission.
- Assistantes sociales (hôpital, Conseil départemental, CCAS) : montage des dossiers APA, ASH, aides au logement, évaluation financière.
- CLIC ou pôles gérontologiques locaux : information, orientation des familles, ateliers.
- Associations : France Alzheimer et maladies apparentées (groupes de soutien, formations aidants), France Parkinson, associations de proches aidants.
- Plateformes territoriales d’appui et services de soins infirmiers à domicile (si un maintien à domicile est encore envisagé avant l’EHPAD).
- Portails publics d’information médico-sociale : pour consulter des informations administratives, le projet d’établissement et, selon disponibilité, des extraits de rapports d’évaluation qualité.
- ViaTrajectoire (selon régions) : outil d’orientation et de demande d’admission en ligne, souvent utilisé par les hôpitaux, médecins et familles.
Astuce : demandez à l’EHPAD comment ils accompagnent concrètement le montage des dossiers et en combien de temps les aides sont généralement versées après l’entrée.
Témoignage : “Nous avons choisi un EHPAD aligné avec les besoins de maman”
“Notre maman, 84 ans, vivait seule avec une maladie d’Alzheimer à un stade modéré et un diabète sous insuline. Après deux chutes et plusieurs glycémies trop basses, le médecin traitant nous a conseillé une entrée en EHPAD. Lors des visites, nous avons centré nos questions sur les soins EHPAD.
Dans le premier établissement, très agréable, il n’y avait pas de PASA ni d’atelier mémoire structuré. Les équipes étaient attentionnées, mais la gestion de l’insuline semblait dépendre d’interventions extérieures moins fréquentes.
Le second EHPAD avait un PASA actif en journée, avec une infirmière formée au diabète et des menus adaptés, y compris des collations. Les glycémies étaient notées à des horaires fixes, et la réévaluation de l’insuline était faite avec le médecin traitant. Nous avons aussi apprécié la clarté des protocoles en cas de chute : évaluation, surveillance, appel au médecin si nécessaire, et information rapide de la famille.
Nous avons choisi ce deuxième établissement. Trois mois après, maman a retrouvé un rythme plus stable. Elle participe à la gym douce et aux ateliers musique. Nous sommes rassurés par la disponibilité des soignants et la coordination avec le médecin. Surtout, elle sourit davantage.”
Ce témoignage illustre une démarche simple : identifier les besoins médicaux prioritaires et vérifier point par point la capacité de l’EHPAD à y répondre dans la durée.
Questions fréquentes
Comment savoir si un EHPAD peut gérer une pathologie spécifique (diabète, Parkinson, Alzheimer) ?
Demandez des exemples concrets de prises en charge récentes, les protocoles écrits, la formation des équipes et l’accès aux professionnels paramédicaux. La présence d’un PASA ou d’une unité protégée est un plus pour les troubles cognitifs.
Y a-t-il un infirmier la nuit en EHPAD ?
Selon les établissements, la nuit est assurée par des aides-soignants avec une astreinte infirmière ou médicale. Renseignez-vous précisément sur l’organisation nocturne, les délais d’intervention et les procédures d’urgence.
Le médecin coordonnateur devient-il le médecin traitant de mon proche ?
Généralement non. Le résident conserve son médecin traitant, mais le médecin coordonnateur organise la politique de soins et la coordination médicale au sein de l’EHPAD.
Les soins sont-ils inclus dans le prix de l’EHPAD ?
Une grande partie des soins est couverte par un forfait versé à l’établissement par l’Assurance Maladie. Les consultations libérales (médecin traitant, spécialistes, certains paramédicaux) sont remboursées selon les règles habituelles.
Peut-on essayer l’EHPAD avant une entrée définitive ?
Beaucoup d’EHPAD proposent des accueils temporaires (quelques semaines) qui permettent d’évaluer l’adaptation et la réponse aux besoins médicaux. C’est une excellente façon de valider votre choix.
Conclusion
Choisir un EHPAD en tenant compte des critères médicaux, c’est garantir à votre proche un accompagnement sûr, personnalisé et respectueux de ses habitudes de vie. En vérifiant la compétence des équipes, l’organisation des soins, la gestion des traitements, la prévention, la réponse aux pathologies spécifiques et l’approche palliative, vous posez des bases solides pour une installation réussie. N’oubliez pas de visiter, de comparer avec une grille simple, d’impliquer le médecin traitant et de mobiliser les aides financières adaptées (APA, APL/ALS, ASH, avantages fiscaux).
Prêt à avancer sereinement ? Consultez l’annuaire OuiRetraite pour repérer rapidement les établissements qui correspondent aux besoins médicaux de votre proche, comparer leurs services et organiser vos visites. Notre équipe est là pour vous guider à chaque étape.
Écrit par
Équipe OuiRetraite
Expert en accompagnement des seniors et leurs familles dans la recherche de solutions d'hébergement adaptées.



